¡Viva Carlos!

Pour la troisième fois de ma vie j’ai pris part ce soir à un spectacle de Carlos Santana.

Je dis « pris part » car on n’assiste pas à un show de Carlos, on y est aspiré, entraîné par une force irrésistible qui nous pousse à commencer par swigner de la patte et ça se meut rapidement en une série de mouvements de balancement incontrôlables du corps qui pourraient passer pour de la danse.  Les trois fois, j’ai été témoin du même phénomène : des dizaines de milliers de gens de tout âge se levant spontanément pour danser, les premières mesures à peine entamées, sans jamais arrêter.  Comment ce type-là et ses musiciens font pour entraîner une foule énorme (c’était plein à craquer et il mouillait) à embarquer là-dedans dès les premières notes, je le comprends à peine.

Mais je le sens en viarge.

Et tout est là chez Santana.  Tout vient directement du coeur et tout rentre directement à la même place chez le témoin de l’affaire.  Rien qui fasse appel à l’intellect, juste du vrai!  Pas toujours du frais, mais enfin, avec un tel catalogue de tounes irrésistibles, personne ne s’en plaint.

En prime, on a encore eu droit à une prestation hallucinante de la part de l’excellent Dennis Chambers, maître absolu du groove infaillible et percutant. On sent que ce gars-là ne doit pas de mettre au régime de peur d’en perdre en même temps! Un batteur de grand luxe.

Bref, une excellente soirée, ouverte par un Steve Winwood très en voix malgré l’abondante pluie qui menaçait de mettre fin à son show à tout moment. Comme toujours, dommage que les tounes ne soient pas à la hauteur de sa voix exceptionnelle, mais ça, c’est juste moi.  Vous remarquerez que j’ai soigneusement évité de subir une autre fois l’inestimé Steve Hill, ayant déjà donné l’an passé puisqu’il assumait la première partie de Jeff Beck, le pauvre. Ça nous avait permis d’apprécier Beck encore plus.  Comme du Bébé Duck avant un Pétrus.

Juste pour ce soir, ça valait le coût de la passe du Festival d’été.  J’en veux encore.

P.S. : la photo date d’une visite précédente de Carlos à Québec, celle où il nous avait gratifié de la présence (très estimée celle-là) de Derek Trucks en première partie.  Du bonbon.