Avignon, son pont, son palais de papes… son sandwich au saumon

Avignon

Drame hier. Le 240v a fait sauter l’adapteur secteur (eeh… on s’adapte vite ici, je vais finir par comprendre Diane Tell) du MacBook familial. Comme celui d’Apple était cher, lorsqu’il avait rendu l’âme il y a une couple d’années j’avais pris la chance de le remplacer par un clone chinois acheté sur eBay pour 15$. Tout allait comme sur des roulettes jusqu’à ce qu’il rencontre Mr 240 volts. Et je ne parle pas de Gilbert Bécaud, là.

Vous savez quoi? Les produits Apple, c’est cher pour une raison très évidente. Et les clones, c’est pas cher pour la raison très inverse.

Bref, le 240v a fait surchauffer le bidule dès qu’on l’y a branché (bien qu’il ait fièrement arboré ses prétentions à l’effet opposé) et il a fini par semi-exploser hier matin. Il y a donc urgence de le remplacer et ça tombe bien car à Avignon, à un jet de pierre de Saint-Rémy, il y a une FNAC qui vend ce genre de choses. Cher. Le même prix que chez nous, mais en €. Mais enfin, le remplacement s’impose, ne serait-ce que pour transférer nos milliards de photos sur le portable et en prendre un backup sur le disque externe chaque jour, alors on ne niaise pas avec la puck et on crache… 80€, plus TVA de 20%!!!

J’en ai encore mal au portefeuille. Que j’ai sensible.

L’avantage d’avoir été obligés d’aller à Avignon pour acheter le power supply, c’est que ça nous a forcé à visiter autre chose, tant qu’à y être. Comme le Palais des papes et le pont de l’endroit, dont la dénomination vulgus nous rappelle une comptine enfantine désagréable.

Du pain et des câpres

Mais avant tout, se sustenter. Et là, mes amis, j’ai eu droit au meilleur sandwich saumon de la planète. En direct d’une échoppe tenue par une tribu entière de charmantes dames (mais tout le monde l’est, ici), ZE sandwich au saumon. Saumon frais cuit, saumon cru, saumon fumé, abonnement à l’usine de câpres, plus mayonnaise très dijonnée, finale laitue. Un chef-d’oeuvre. On se demande pourquoi on mangerait autre chose. There s’est régalé d’un immense sandwich au porc très assaisonné de la même savoureuse mayonnaise. Elle doit encore en avoir sous les ongles. J’ai été obligé de me sacrifier pour finir son sandwich, tous sont en demi-baguettes ici, et c’est un peu beaucoup pour elle. Ça augure bien pour le reste du voyage. 😉

Le Palais des Papes

Bon c’est pas tout, ça, il va falloir visiter quelque chose si on veut avoir des photos à mettre dans le MacBook nouvellement ressuscité. Nous dirigeons donc nos pas enhardis par le dîner vers le Palais des papes, de mondiale renommée.

Suivant scrupuleusement les indications touristiques, à partir de la Place de l’horloge on passe par l’arrière pour accéder au Palais, au travers de ruelles qui nous propulsent soudainement sur la muraille sud de l’engin sans prévenir. Quel choc! Soudainement, on se retrouve face à un mur très vertical, d’une hauteur apparemment sans fin. Impressionnant.

À l’intérieur, c’est impressionnant aussi. Salle après salle après salle. Les papes, à cette époque, savaient recevoir, c’est manifeste. Ce n’étaient pas non plus des tout-nus, on dirait. Partout, c’est immense et ça laisse entrevoir ce dont ça avait l’air lorsque les locataires habitaient l’endroit. Ceux-ci avaient manifestement le goût du luxe, et peut-être même de la luxure, si on pense aux conditions de vie des gens ordinaires qui répondaient à leurs papaux besoins.

Vraiment, il n’y a pas de quoi là se réconcilier avec la vie très misérable des successeurs de Saint-Pierre. C’est plutôt carrément révoltant. Mais enfin, faisons semblant pour un instant que les lieux étaient occupés pendant ces quelques siècles par d’autres locataires, moins hypocrites, et on pourra trouver ça très impressionnant. Une très belle visite, en fait. On en sort, et on se dirige vers l’autre inévitable, qui est compris également dans le coût d’admission (les français ont l’excellente manie d’être accommodants sur les coûts d’accès à leurs monuments historiques, c’est bien et on apprécie).

À go, on chante

Le pont

Veni, vidi y no cantare, comme aurait pu dire César (Jules). Honnêtement, aujourd’hui, le restant de mistral se fend en quatre pour nous empoisonner la vie. On se les gèle sur l’estie de pont d’Avignon, né Saint-Bénezêt, et la visite se fera en quatrième vitesse.

De toutes façons il n’y a pas grand-chose à y voir, mis à part la minuscule et très amochée chapelle dédiée au saint local, qui aurait entrepris la construction du pont en question à la suite d’une gageure prise avec le roi de l’époque. La vue des remparts est plus intéressante. Itinéraire alternatif : le pont disparu de l’Isle-Verte, que je vous recommande chaleureusement.

Réflexion faite, il eût peut-être mieux valu que nous eussions pris le temps d’entreprendre quelques pas de danse sur la travée de l’ouvrage question de nous réchauffer. Enfin.

Retour vers Saint-Rémy.

Photos ici!

– Pitché dans le blog avec mon iPad!