Parcs US, Jour 2 : Angel’s Landing

Aujourd’hui, gros défi, surtout pour une première journée. Nous allons nous attaquer à Angel’s Landing.

En chemin pour s’y rendre, nous avons droit à un spectacle magnifique tout le long du canyon : Canyon Junction, The Altar of Sacrifice, The Court of the Patriarchs, le Great White Throne, tous d’une beauté à couper le souffle. Puis on se retrouve face à notre destination.

1, 2, 3, Go!

Angel's Landing

Ça a presque l’air large, vu comme ça…

Le défi : une montée d’une vingtaine de lacets, dont on voit la moitié d’ici, jusqu’à Scout Lookout, qui perche à 1645 mètres. L’autre moitié de la série de lacets se poursuit au-delà de Refrigerator Canyon, dont on peut apercevoir l’entrée. C’est ne bonne montée, assez rapide. Une fois rendus à Scout Lookout, le vrai fun commence. À partir de Scout Lookout, Angel’s Landing consiste en une lame rocheuse qui s’élève brutalement de 120 mètres sur une longueur de 800 mètres. Jusque-là, ça va. La pogne, c’est qu’elle n’est large que de quelques mètres et que de chaque côté, le précipice qui nous appelle de ses vœux plonge à 1500 pieds (c’est plus impressionnant que juste 460 mètres, non?). Une chaîne nous aide à nous agripper à la vie à certains endroits, ailleurs non. Elle sert accessoirement à se hisser dans les passages plus ardus. La partie la plus étroite mesure environ un mètre et demi de largeur, avec le vide de chaque côté, bien entendu. On regarde ses pieds.

Comble de plaisir, il se met à pleuvoir dès notre arrivée. Comme un malheur n’arrive jamais seul, 😉 nous tombons sur l’ami Norbert et son inséparable Lise. Lui en revient, ravi, elle l’a attendu à Scout Lookout, qu’elle a rebaptisé le Plateau des Raisonnables. Beaucoup de gens font de même. On se donne rendez-vous pour le souper (nous sommes au même hôtel), puis on attaque!

Les raisonnables… et les autres

There décidera d’être aussi raisonnable que Lise après une tentative de départ peu convaincante. Les chaînes lui sont hors de portée, les gens nous poussent dans le dos… C’est vrai que c’est intimidant en viarge, surtout sous la pluie! Vincent part en avant, je lui emboîte le pas sac au dos et caméra à l’épaule selon mon habitude. Ça ne durera pas longtemps, je devrai me la mettre autour du cou pour être capable de m’agripper à tout ce qui me tombe sous la main afin de réussir à suivre la chèvre que j’ai contribué à mettre au monde. Je vais suivre le conseil de Denis et m’acheter une strap Blackwater en revenant à la maison, c’est juré.

Surprise, moi qui croyais être sujet au vertige, je n’en souffre pas. Je regarde où je mets les pieds, ça m’occupe le cerveau. Par contre, je pompe au cube! Ça grimpe vite, on doit littéralement se hisser à la chaîne pour grimper à plusieurs endroits, le sac est lourd (trop d’eau pour les besoins du jour, je m’en souviendrai), la caméra me frappe la poitrine… je pompe.

Papa et fiston, plutôt contents d'être en vie

Papa et fiston, plutôt contents d’être en vie

Pas trop fou encore, je décide d’arrêter manger des fruits secs et des graines (du manger d’écureuil, selon l’expression d’oncle Norbert) lorsque je me sens la tête virer un peu; plus de 5500 pieds d’altitude, ça peut faire son effet à l’effort. Vraiment pas le temps de manquer d’équilibre! On en profite pour enlever nos impers car le soleil est réapparu. On repart, et on se rend enfin jusqu’au bout! C’est haut, c’est magnifique, et il se remet à pleuvoir.

Le Principe de Zion

C’est l’immuable principe de Zion : enlève ton imper si tu veux que la pluie reparte de plus belle. Ça marche à tout coup. On remet les impers, on recouvre les sacs; il arrête de pleuvoir; on enlève tout ça (car on a chaud); il se remet à mouiller. C’est toujours comme ça. Pas d’exceptions au principe de Zion.

Vallée de la Virgin River

Presque aussi beau que la vue du Mont-Royal

Finalement, on arrive au sommet, balayés par le vent. Quelle vue, c’est vraiment magnifique, nous sommes sur une pointe étroite, bordée de falaises qui plongent, je le rappelle, à 1500 pieds dans une verticale absolue ! On mange un peu avant de redescendre, juste au moment où la pluie reprend. Shit, c’est vraiment plus impressionnant en descendant. Pas le choix, on doit regarder par en bas, et c’est là qu’on réalise vraiment à quelle hauteur on se trouve! L’impression est impossible à rendre en photos, désolé. Et je n’ai pas lâché la chaîne pour prendre une photo à l’endroit le plus étroit non plus.
On retrouve finalement There, qui a exploré les hauteurs immédiates de Scout Lookout en notre absence. Dîner, puis retour vers la bas, à la pluie, encore un coup… Faudra vraiment arrêter d’enlever nos impers, ça marche à tout coup le principe de Zion. En descendant, vue imprenable sur le Great White Throne, majestueux dans la brume. On se croirait presque dans les Andes plutôt que dans le désert de Zion.

The Great White Throne

The Great White Throne

Après un saut dans la piscine frigorifiée, agréable souper le soir avec les Lafond-Hamon, au Café Oscar, où les portions sont monstrueuses et les prix plus que raisonnables. Ils nous annoncent que les conditions pour visiter The Narrows ne sont pas bonnes, le courant plus étant froid, rapide et profond que de coutume. Devant leur enthousiasme, eux qui l’ont fait la veille, on se laisse convaincre sans difficultés de faire Observation Point le lendemain à la place. Nous vérifierons les conditions au jour le jour pour la visite du très étroit canyon de la Virgin River.