Praline est elle aussi au paradis des Golden

Je reprends la parole. J’ai laissé Watson vous parler ces derniers jours, c’était plus facile comme ça.

Une amie du groupe Fesse de bouc des amoureux des Goldens m’a demandé des nouvelles du petit Watson, comme on le connaît dans ce groupe. Eh bien, le petit Watson est un peu perdu. Lorsque ses humains sont revenus de chez le vet hier il est resté à la fenêtre à fixer l’auto quelques minutes, attendant manifestement que Praline en sorte. Nous avons dû le laisser seul hier soir parce qu’on avait une sortie et il avait l’air inquiet de nous voir partir. Ce matin, on dirait qu’il se cherche. Il se promène d’un coussin à l’autre. On a laissé le collier de Praline à sa portée et il le renifle souvent. Et surtout, on l’entend geindre sans raison par moments. C’est très émouvant, c’est comme s’il pleurait.

Nous avons perdu Cachou il y a deux ans et Praline s’était replacée en deux ou trois jours, alors je ne suis pas inquiet pour lui. Par contre, il n’a pas encore deux ans, c’est encore un jeune chien qui se tournait plusieurs fois par jour vers sa grande sœur. On verra bien. Disons que je vais forcer sur le parc à chiens dans les prochaines semaines.

Une autre amie du même groupe m’a fait part de son appréhension devant la possibilité qu’elle puisse elle aussi perdre ses deux chiens, qui ont deux ans de différence, de façon rapprochée.

J’avoue d’une part que perdre deux chiens en deux ans, c’est ce que je viens de vivre et c’est très difficile à prendre émotivement. J’aurais préféré que trois ou quatre ans puissent s’écouler entre les deux. Ça a ramené à la surface beaucoup de peine associée à la perte de Cachou, auquel je suis incapable de penser encore aujourd’hui sans que mes yeux s’emplissent de larmes et que des sanglots viennent nouer ma gorge. Ce merveilleux compagnon de tous les instants a littéralement contribué à élever mes enfants alors qu’ils traversaient la pas toujours facile période de l’adolescence. Il a été un accompagnateur, un compagnon de jeu, un rassembleur incroyable pour la famille. Le départ inattendu et précipité de Praline m’a fait vivre deux deuils en même temps; le souvenir des bons yeux emplis d’amour inconditionnel, de l’odeur, de la texture de la fourrure de mon ami Cachou revenaient sans cesse me hanter alors que j’étreignais ma vieille fille tout contre moi. Je n’étais pas prêt à son départ à elle non plus, loin de là.

D’autre part, il faut souligner que nous avons soigné Cachou pour un cancer des ganglions pendant 18 mois (avec une très bonne qualité de vie jusqu’à la dernière semaine, je dois le dire). Il y avait un coût financier très élevé associé à ça qui fait que nous n’aurions pas pu le faire pour Praline même si on l’avait souhaité. Tout comme c’est le cas pour les humains, un chien en fin de vie coûte très cher lorsqu’on a décidé de le soigner pour tenter de prolonger sa vie.

J’ai donc répondu à ma correspondante qu’à la lumière de mon expérience de famille multi-chiens, je dirais qu’il vaut mieux espacer les âges des toutous qu’on adopte si on veut se ménager un peu de marge de manœuvre émotive et financière. Bien sûr, l’un pourrait décéder à 13 et l’autre à 11 ans, auquel cas ils pourraient très bien quitter pour le paradis des Goldens soit la même année soit à 4 ans d’intervalle, mais enfin.

Je ne sais pas si je vais pouvoir tenir compte de mes propres conseils longtemps lorsque je me rendrai compte que Watson a besoin de compagnie canine. Entre-temps, il y a le parc canin. Vous m’y verrez souvent ce printemps. Et je vous remercie tous encore une fois pour vos messages de soutien.